DE L’ART DE MONOLOGUER:  présence recyclée

#xel_7 VS #yoon_7

De l’art de monologuer : entre automatisme surréaliste et conscience numérique

#exil_009

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Monologuer, ce n’est pas simplement parler seul : c’est tenter de saisir, à travers le flux de la parole intérieure, la structure même de notre pensée. Lorsqu’on s’inscrit dans la tradition de l’écriture automatique – si chère au mouvement surréaliste – on cherche moins à exprimer qu’à laisser surgir. Le sujet devient canal d’une parole qui le traverse. Il ne maîtrise pas ce qui s’écrit, il se découvre en l’écrivant.

Dans ce cadre, le monologue devient un acte de dévoilement plutôt que de communication. On ne cherche pas à convaincre, mais à apercevoir ce que l’on est, en contournant les filtres habituels de la rationalité.

Mais ce monologue n’émerge plus dans le silence de l’écriture solitaire : il prend place dans un monde régi par l’algorithme, par une architecture numérique qui filtre, classe, reconfigure. L’écrivain observe, à travers d’autres comptes, comment Facebook réorganise la parole, la mémoire, les relations. Ce n’est plus seulement le langage intérieur qui est en jeu, mais son exposition, sa manipulation, sa fragmentation par des systèmes invisibles.

Le monologue devient alors doublement réflexif : il tente d’observer son propre esprit – “je visualise le fonctionnement de mon esprit” – mais aussi le dispositif qui restructure ce fonctionnement dès qu’il entre dans l’espace public. Le moi devient spectateur de lui-même et de son reflet numérique. Il s’essaie à une forme de présence consciente, notée dans les hashtags : #PRESENCE_7.

Ces balises, comme des repères métaphysiques dans l’océan du flux, posent la question : comment penser sa subjectivité à l’ère des réseaux ? Est-ce que je pense encore librement si mes pensées sont captées, recyclées, redistribuées ? Ou bien suis-je désormais un monologue parmi d’autres, fragment d’un corpus global réorganisé par des puissances sans visage ?

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